Le bien et le mal
(voir la vidéo)
Cette brève chronique d’aujourd’hui, pour essayer d’expliquer pourquoi certaines de mes prises de position pourront vous surprendre, lorsque vous les entendrez dans cette chaîne. 
J'ai passé la majeure partie de mon adolescence, de septembre 1956 à l'été 1960, à Médéa en Algérie. Mon père y était le principal d'un collège qui avait un internat pour les élèves originaires des hauts-plateaux et du Sud algérien.
Mes meilleurs amis étaient parmi les pensionnaires de cet internat, indigènes (arabes, berbères ou juifs) aussi bien que descendants des immigrants européens, arrivés depuis 1830.
La guerre d'Algérie était autour de nous : j'entendais les opinions, souvent contradictoires, de mes amis. Et ces amis, je les comprenais tous.
Depuis cette date, je me suis toujours refusé à croire que les protagonistes d’un conflit ─ ou même seulement les adversaires d’un débat ─ puissent être définitivement classés d’un côté ou de l’autre de la frontière que l’on entend définir entre le bien et le mal.
Enfin, pour vous donner un exemple de ce que je pense, regardez ces photos. Ces deux hommes sont morts pour leurs idées pendant ou à la suite de la guerre d’Algérie.
L’un se battait pour l’indépendance de l’Algérie. L’autre avait voulu garder l’Algérie française.
L’un a été exécuté sans jugement ─ pour ne pas dire assassiné, en 1957. L’autre a été fusillé par un peloton d’exécution en 1963.
Je les respecte et les comprends tous les deux.
Je conçois ─ et accepte ─ que ce que je viens de dire puisse choquer.
Sur la guerre d’Algérie, le seul camp que je puisse choisir est celui de la tolérance.
Et, pour Larbi Ben M’hidi, une déclaration de l’officier qui commandait la section qui l’a arrêté pendant la bataille d’Alger.  Un témoignage qui mérite d’être entendu :
https://www.youtube.com/watch?v=jlwSbXvsheU
La mélodie finale est chantée par Souad Massi. C’est un bref extrait d’une de ses chansons :
Le bien et le mal  (الحق والباطل)