“D'un monde à l'autre”    3 : Amour, amours (extrait)

Tout commence à Long Beach,
en Californie...

C’est un film émouvant qui se termine, dans la salle de projection de l’Art Theatre, à Long Beach. Une poignante histoire d’amour que plusieurs spectateurs applaudissent à l’américaine, tandis qu’apparaît le générique. Mais la réalité reprend ses droits sur l’émotion : les noms défilent lentement à l’écran, les spectateurs se lèvent et s’éloignent un par un, avant même que l’éclairage de la salle ne soit rétabli.

Un vieil homme est resté dans son fauteuil, Brian. Il regarde sans les lire les lignes qui se succèdent à l’écran, en se laissant bercer par la musique lente qui scande la fin du film. Il attend que retombe l’émotion qui s’est installée au fil de l’histoire, allant jusqu’à faire sourdre ces quelques larmes qui, maintenant, sèchent au coin de son œil. Il est ému, même s’il sait qu’il ne devrait pas l’être. Car cette histoire, comme toutes les histoires d’amour, n’est qu’un mensonge.

Brian Azoulay se parle à lui-même. Ecoutons-le.

Encore une fois, je me suis laissé attendrir par une imposture. Et le sous-titre du film qui déclare “based on a true story”. On devrait dire « d’après un vrai mensonge ». On veut toujours nous faire croire à l’éternité et ignorer que le temps qui passe est le meilleur ennemi de toute passion.

De la proposition au mariage, les couples d’Amérique se forment dans l’euphorie, le décorum s’ajoutant aux paillettes pour épaissir encore ce fard qui exagère la force des sentiments. Whitney Houston chante “I Will Always Love You” et les cœurs fondent. “ALWAYS”?  Mais combien de ces couples seront encore unis quelques années plus tard ?

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